- Les rails peuvent se dilater sous l’effet de la chaleur, provoquant des déformations dangereuses
- Les caténaires (câbles électriques aériens) peuvent se détendre ou casser, entraînant des coupures de courant
- Des limitations de vitesse sont imposées et certains trains peuvent être supprimés par précaution
- Le confort thermique reste inégal selon les véhicules, mais s’améliore progressivement grâce au renouvellement des rames
En période de fortes chaleurs, les transports en commun d’Île-de-France peuvent connaître ralentissements, suppressions de trains ou limitations de vitesse. Ces mesures sont mises en place pour des raisons de sécurité, tant pour les voyageurs que pour les infrastructures. Mais comment la chaleur extrême perturbe-t-elle réellement le trafic ? Explications.
Des infrastructures sensibles à la chaleur
Lorsqu’il fait très chaud, les équipements ferroviaires souffrent. Les lignes de métro, de RER, de train ou encore de tramway fonctionnent grâce à des composants métalliques qui réagissent fortement aux variations de température.
En cette période de #canicule, une question mérite d’être posée : pourquoi le métro parisien (ainsi que le RER) accuse-t-il un certain retard en matière de réfrigération de l’air à bord des rames, comparativement à d’autres réseaux comme Madrid ou New-York ?#Thread explicatif ⤵️ pic.twitter.com/otLg7I8ei8
— Métro de Paris Insolite 🚇 (@Metro_Insolite) July 19, 2022
C’est notamment le cas des caténaires, ces câbles aériens qui alimentent en électricité une grande partie des trains et RER. Sous l’effet de la chaleur, ces câbles peuvent se détendre, voire se rompre. Une rupture de caténaire entraîne immédiatement l’arrêt de la circulation sur la ligne concernée. Des incidents de ce type sont régulièrement observés pendant les épisodes de canicule.
Autre élément vulnérable : les rails. Le métal qui les compose se dilate sous l’effet des températures élevées. Lorsque l’air dépasse les 35°C, les rails eux-mêmes peuvent atteindre plus de 50°C. Cette dilatation provoque parfois des déformations, appelées « flambements ». Pour limiter ces effets, certaines portions de voies sont peintes en blanc afin de réfléchir une partie de la chaleur.
Des mesures de sécurité activées dès 30°C
Face à ces risques, les gestionnaires de réseau – RATP et SNCF – déclenchent des protocoles spécifiques dès que le mercure dépasse les 30 degrés. Parmi les mesures les plus fréquentes :
- Des limitations de vitesse sont appliquées sur plusieurs tronçons pour éviter tout incident dû à une déformation des rails.
- Certains trains peuvent être supprimés ou voir leur circulation modifiée afin de soulager le réseau et garantir la sécurité des passagers.
- Une surveillance renforcée est opérée en temps réel sur les infrastructures : inspections des voies, contrôle des équipements sensibles, interventions en cas d’alerte.
Ces ajustements peuvent créer des retards, mais ils sont essentiels pour éviter des interruptions plus graves.
Vers des transports mieux adaptés aux canicules
Outre la sécurité, la question du confort des voyageurs devient aussi centrale. En période de chaleur, les conditions de transport peuvent devenir pénibles, en particulier dans les rames anciennes, non climatisées. C’est pourquoi Île-de-France Mobilités accélère le renouvellement de son matériel roulant.
À l’été 2025, la situation est en nette amélioration :
- 100 % des tramways sont désormais climatisés.
- 73 % des trains et RER sont équipés de ventilation réfrigérée ou de climatisation.
- 57 % des bus et cars disposent d’un système de climatisation.
- 48 % des rames de métro bénéficient d’un rafraîchissement de l’air.
La modernisation se poursuit, avec un objectif clair : atteindre 100 % de métro ventilé d’ici 2035. Ce chantier passe notamment par l’arrivée progressive des nouvelles rames MF19, qui équiperont huit lignes, dont la 7, entre 2025 et 2033.