4000 agents déployés en France, Gare du Nord sous haute surveillance
Mercredi 18 et jeudi 19 juin 2025, près de 4000 forces de l’ordre ont été mobilisées dans toute la France dans ce que le ministre a présenté comme une opération nationale d’ampleur. Ciblant les gares, les bus et les lignes ferroviaires à destination des pays voisins, ces contrôles visaient les migrants en situation irrégulière.
Bruno Retailleau s’est personnellement déplacé à Gare du Nord, haut lieu de transit et de tensions, pour superviser les opérations. Il a observé sur place plusieurs interpellations, encadrées par des dizaines de policiers et gendarmes. « Ne venez pas en France, nous n’accepterons rien », a-t-il déclaré à la presse, assumant une posture de fermeté assumée. Un discours qui a immédiatement suscité de vives réactions.
Des contrôles au faciès ? Associations et syndicats dénoncent
Du côté des observateurs et des associations de défense des droits humains, l’opération est vécue comme une rupture. Plusieurs témoins sur place affirment que les contrôles visaient en grande majorité des personnes racisées. Des individus ont été isolés et sortis de la gare, sans autre forme d’explication visible pour les passants.
Le Mrap, la CGT, Solidaires, la FSU, mais aussi des collectifs comme RESF ou La Cimade dénoncent une stratégie de stigmatisation ciblée. Les mots sont forts : « rafles », « dérive autoritaire », « xénophobie d’État ». Pour ces acteurs, il s’agit d’une nouvelle étape dans une politique migratoire de plus en plus brutale.
🔴 « Ni rafle, ni centre de rétention ! Régularisation de tous les sans papiers ! » : à Gare du Nord, rassemblement de solidarité contre l’opération de traque des étrangers lancée par Bruno Retailleau ce mercredi et jeudi ! pic.twitter.com/EV3foWj6gz
— Révolution Permanente (@RevPermanente) June 19, 2025
Un rassemblement de protestation en réponse immédiate
En réaction, un rassemblement a été organisé sur le parvis de Gare du Nord dès le jeudi en fin de journée. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées derrière des slogans explicites : « Ni rafle, ni centre de rétention », « Régularisation de tous les sans-papiers », ou encore « Stop aux contrôles au faciès ».
Sur place, les militants dénoncent une opération qu’ils considèrent comme essentiellement symbolique et médiatique, « pensée pour faire campagne avec les mots de l’extrême droite », selon un élu présent.
Une politique de tolérance zéro qui divise
Depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau revendique une approche stricte : 47 000 personnes en situation irrégulière auraient été interpellées depuis janvier. Il demande désormais une coopération renforcée avec les États membres de l’Union européenne pour intensifier les contrôles aux frontières.
Mais derrière la communication officielle, ce sont les méthodes, les cibles et les lieux choisis qui alimentent la critique. Gare du Nord, déjà marquée par une présence policière renforcée depuis plusieurs mois, devient une scène emblématique de cette confrontation entre sécurité revendiquée et liberté contestée.